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Par paulalie
Ganges
Je trouvai là une petite église, des amis, la plupart âgés mais pieux. L'Armée du Salut a pris
toutes nos heures, et par la suite les services s'en ressentent. D'autre part, il y a un tel esprit d'antipathie entre les méthodistes et les réformés que l'on se considère un peu comme entre catholiques et protestants ! Les pasteurs, du reste, étaient loin de combattre cet esprit. En arrivant je
résolus de lutter contre cela. Je réussis à obtenir que nous aurions notre semaine de janvier, ensemble, en temple. Le pasteur C (... ? ) disait qu'il n'était jamais allé à la chapelle et qu'il ne voulait pas commencer. Je fis accepter la chose à nos amis, non sans peine et nous voilà tous au Temple qui se remplit chaque soir jusqu'à la dernière place. Le dernier soir, il y eut trois conversions : le réveil commençait. Hélas ! On en eut peur et l'on ne voulut plus continuer ces belles réunions. M. C..., étant parti, fut remplacé par M. Benoit qui avait l'esprit bien plus large. Il consentit à venir à la chapelle deux fois sur six. Pendant deux années nous avons eu d'excellentes réunions de janvier. La dernière en particulier provoqua un début de réveil, deux ou trois jeunes gens et deux ou trois jeunes filles. Mais on eut le tort de ne pas continuer. Et tout est à recommencer.
J'ai lutté pour ne pas avoir le service du matin à la même heure que celui du temple. J'étais convaincu que cela nous rendrait plus populaire. Les collègues réformés m'avaient promis que si je changeais l'heure du matin, ils changeraient l'heure de leur service du soir. Ce fut en vain : nos amis n'ont jamais voulu céder. Malgré cela, les réformés ont changé quand même leur heure du soir, ce qui évidemment doit nous amener quelques auditeurs de plus.
J'ai trouvé deux unions, l'une rattachée au temple et l'autre indépendante. M. Benoit a voulu les fondre en une seule, mais à la condition d'en prendre la direction. En cela, je crois qu'il a eu tort. Il n'a nullement réussi. Ces deux unions sont certainement un obstacle à l'avancement du règne de Dieu.
Je réunis nos jeunes en activités chrétiennes. Le jeune Vassas s'y est affermi, le jeune Bourges y a trouvé Christ. Ils ont un jeune ami, Escande, rattaché au temple mais qui ne les quitte guère. Ils forment un noyau intéressant. Il y a aussi quelques jeunes filles qui ont reçu beaucoup de bien. Nous avons eu la joie de recevoir l'assemblée générale des activités chrétiennes du Midi. Nous avons passé une délicieuse journée. C'était touchant de voir leur enthousiasme. Toute l'église a été vivifiée. Le monde même en a reçu une certaine influence. On disait en ville : « Nous pensions que les jeunes ne voulaient plus de religion ! Il faut en rabattre ! »
Tous mes efforts ont tendu à réunir les pasteurs et les chrétiens. La grande bénédiction que Dieu m'a accordée ici, c'est d'avoir réussi à amoindrir l'esprit de secte. Tous les pasteurs sont unis, font de l'alliance évangélique et vont réciproquement les uns chez les autres. Il y a encore des progrès à faire, mais je bénis Dieu pour ce qui existe déjà. Nous avons maintenant plusieurs œuvres communes : l'Union, hélas bien restreinte, présidée à tour de rôle par les pasteurs. L'étoile blanche, dont le secrétaire est le pasteur méthodiste. Et lorsqu'un réveilleur ou un conférencier passe, nous savons nous entendre pour n'avoir pas les soirées à la même heure.
Arrivée à ma dernière année d'activités, j'ai été élu à la présidence du synode, après avoir été plusieurs années à la présidence du district du midi. Ne sentant plus les forces suffisantes pour un travail agressif d'évangélisation, j'ai cru devoir demander ma retraite. Je l'ai obtenue. Et nous voilà fixés à Ganges, dans un petit logement, probablement jusqu'à ce que le Seigneur nous appelle à monter plus haut.
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