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Gédéon Gounelle : ses souvenirs, Dieulefit

 

Dieulefit

 

Mon fils aîné avait été renvoyé de Lausanne sous le prétexte qu'il ne pourrait devenir pasteur méthodiste !!! J'avais dû le mettre à Tournon. Au bout d'un an, il s'y épuisa et dut suspendre ses études. En quittant Valleraugue je l'avais donc avec moi. Il ne me restait plus qu'à envoyer mon fils à Nyons à ma charge et plus tard à Nîmes, chez Gillay, toujours à mes frais. C'était ruineux pour moi, et ce fut le commencement d'une série d'angoisses matérielles pour subvenir à l'instruction de mes fils. Le second prenait des leçons chez le pasteur de Dieulefit à 1 f. l'heure. Le troisième allait à l'école communale.

 

A ce souci de l'éducation de mes fils vint s'ajouter le sommeil profond de l'Église. Il y avait là sans doute quelques bons amis mais qui étaient tombés dans une routine religieuse désolante. Aussi je versais des larmes amères quand je me sentis dans ce milieu glacé, moi qui venais de quitter un milieu aussi chaud.

 

Pourtant Dieu entendit mes prières et il vint à mon secours. Nous établîmes une réunion de prière le dimanche matin qui produisit les meilleurs résultats. Quelques conversions se produisirent. Et deux de nos pasteurs, alors jeunes garçons s'y convertirent et y reçurent leurs premiers appels au Saint Ministère. Ce sont les deux Faure. Mais nos auditoires restaient toujours faibles. Nous avions des réunions à la campagne qui nous donnèrent de précieux encouragements.

 

Pendant mon séjour à Dieulefit, je fis des tournées de réveil à Bourdeaux et à Nyons. Nous eûmes la joie de voir des âmes se donner à Dieu.

 

Mon séjour à Dieulefit ne dura qu'un an. M. Gibson (…?...) directeur de l'œuvre méthodiste d'évangélisation me demanda si je ne serais pas disposé à entrer dans son œuvre. Je lui répondis que vus mes garçons, il me fallait un lycée ou un collège et que s'il avait un poste où mes garçons puissent faire leurs études, j'accepterai avec plaisir. Il m'offrit Saint-Cloud. Il n'y avait pas de lycée dans cette ville, mais il me promit de payer pour mes enfants une carte d'abonnement pour Paris. J'acceptai donc de partir pour Saint-Cloud.

 

Élie venait de prendre ses grades. J'aurais voulu qu'il aille à Richmond (Angleterre) en vue du pastorat méthodiste. Mais le service militaire était là et je ne me sentis pas libre d'imposer ce service à mon fils. Il préféra aller à Montauban.

 

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