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Par paulalie
Un des fils de Gédéon Gounelle écrivait le 7 septembre 1910 :
"Près de mes chers parents, nous voici tous ensemble,
Ainsi qu'au temps jadis, si pleins de jours heureux.
Admirons la bonté du Dieu qui nous rassemble,
Puisqu'au lieu d'être six, nous sommes vingt-deux.
Du flanc de ces vieux monts le passé nous regarde ;
Nos aïeux ont laissé de leur âme là-haut.
Il nous manque la Vis, mais c'est une bavarde,
Elle s'est laissé prendre au babil de l'Hérault.
Par dessus Cazilhac, dressant sa rude crête,
Le Roc Blanc nous envoie un salut fraternel,
Et Dieu même aujourd'hui, pour égayer la fête,
Dans un ciel éclatant a mis son bel « Sourel » !
Nous sommes bien les fils de cette âpre vallée,
Timides, tourmentés et mal civilisés ;
Nous traînons après nous son âme désolée,
L'ennui de ses rochers sur le vide penchés.
Nous rongeons notre frein dans les cités polies,
Sommets libres et nus, c'est vous que nous aimons !
Ignorants la douceur des pentes assouplies,
Nos cœurs ont la rudesse abrupte de ces monts.
Ils ont aussi leurs fleurs aux sèves concentrées
Où l'abeille en jouant peut butiner son miel,
Et dans leurs fonds, brillant parmi les oseraies,
Voici des coins d'eau fraîche où se mire le ciel.
Tels que Dieu nous a faits, qu'il nous prenne en ses vignes
Où tant de durs labeurs s'offrent à nos regards.
Si de la ruche plaine il ne nous croit pas dignes,
Qu'il nous donne une place au moins dans ses « issarts ».
Et puissions-nous un jour, aux rives éternelles,
Bien plus nombreux encor nous trouver rassemblés,
Disant à notre Dieu : nous voilà sous tes ailes
Seigneur, avec tous ceux que tu nous a donnés"
En 1971, les descendants se retrouvaient soixante, et en 2010, environ 140...
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