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Paris, Tour Saint-Jacques

 

Voici ce que l'on peut lire, sur les panneaux d'explication, sur son histoire : 

 

"L'actuelle tour Saint-Jacques est le vestige d'une église aujourd'hui disparue :

Saint-Jacques-le-Majeur, dite Saint-Jacques-de-la-Boucherie, édifiée dans l'un des plus anciens quartiers du Paris médiéval.

 

Le quartier de la Boucherie

C'est après le IXe siècle que les Parisiens repliés sur l'île de la Cité à l'époque des invasions normandes de la rive droite, près de l'entrée du Grand Pont. Au IXe siècle, des bouchers occupent cette « banlieue ». Ils formeront par la suite une communauté connue sous le nom de la Grande Boucherie.

Vers 1130, Louis VI remplace la tour du Grand Pont par un petit château dit le Châtelet, que Saint-Louis transforme ensuite en forteresse du Grand Châtelet (rasée au tout début du XIXe siècle).

A ses pieds, autour de l'église Saint-Jacques, le quartier des bouchers, protégé par l'enceinte édifiée entre 1190 et 1220 par Philippe Auguste, se développe en un dense tissu urbain.

 

Le chemin de Compostelle

La mention la plus ancienne que nous connaissions d'une église en ce lieu date de 1060. Une chapelle l'y avait sans doute précédée.

L'église, située sur un grand axe routier, dédiée à Saint-Jacques-le-Majeur, est un lieu de regroupement des pèlerins de Compostelle.. La première trace de son surnom de Saint-Jaccques-de-la-Boucherie date de 1259 ; les bouchers sont alors bien implantés dans ce quartier, entre le Châtelet et l'église.

Prise dans un étroit réseau de ruelles et de constructions, l'église est de plan dissymétrique car elle s'est développée par ajouts et agrandissements successifs, au gré des opportunités foncières.

Son portail latéral nord est offert en 1389 par l'écrivain et libraire Nicolas Flamel, dont la légende fit un grand alchimiste. Il loge alors en face de l'église, à l'angle de la rue qui porte aujourd'hui son nom et de la rue des Ecrivains (actuelle rue de Rivoli).

 

Vers la fin du XVe siècle, cette voie est élargie et les nombreuses logettes d'écrivains publics adossées aux murs de l'église sont détruites.

La façade d'origine de l'église, sans doute très simple, est remplacée en 1487. Ses ornements et figures sont achevés en 1491. Saint-Jacques est doté d'un clocher carré datant du XIIIe siècle, situé sur le flanc nord de l'église, près du portail de Nicolas Flamet et de deux logettes lui appartenant.

A la fin du XVe siècle, il est décidé de le remplacer.

 

Un gothique flamboyant

 

Bien que réalisé entre 1509 et 1523 (sous Louis XI et sous François 1er), le nouveau clocher est encore conçu dans le style gothique flamboyant. Comme ils le firent pour l'édification et les agrandissements de l'église, les paroissiens et les confréries, et particulièrement celle de la Grande Boucherie de Paris, en financent la construction.

Il est décidé de la bâtir sur le flanc sud de l'église, en retrait de son angle sud-ouest. Son carillon de douze cloches passait pour fort musical.

 

Tour St Jacques, origines (texte 2)

 

La démolition de l'église après sa vente en 1797 comme carrière de pierre … ? …

 

L'ancien clocher avant sa réhabilitation en tour ornementale (dessin de Théodore Ball ?)

La façade nord.

On remarque que le décor du rez-de-chaussée est totalement détruit ainsi que l'absence de statues sur les façades.

 

La rénovation du quartier (photo collection Ballu) :
nivellement de la rue de Rivoli, dégagement des constructions alentour en vue de la création

du futur square Saint-Jacques.

 

La passage de la Révolution

 

Les bouleversements de la Révolution vont provoquer la disparition de l'église. Par décret de l'Assemblée constituante, le culte y est supprimé en 1790.

 

Quand les révolutionnaires s'attaquent aux symboles religieux et royaux, le clocher subit quelques dommages : des statues sont mutilées et brisées, la frise de fleurs de lys martelée.

L'aglise devient propriété nationale. En 1797, elle est vendue comme carrière et démolie pierre à pierre. Nous devons à l'heureuse inspiration de l'architecte Giraud la survie du clocher, car il fit inclure dans l'acte de vente une clause qui en interdisait la démolition.

A l'emplacement de l'église sont élevées des baraques en bois, incendiées en 1823, elles sont alors remplacées par un marché nommé Cour du commerce. Quant à la tour, elle est louée à un fondeur de plombs de chasse intéressé par sa hauteur, qui permettrait au métal en fusion versé à travers un crible de se solidifier en sphères parfaites avant d'arriver au sol.

 

Le clocher laïque

 

En 1836, le républicain et astronome François Arago, conseiller général de la Sein, s'intéresse à sa sauvegarde. Quand la tour est mise aux enchères, la ville de Paris se présente comme acquéreur et l'emport pour 250 000 francs.

 

La vocation de la tour est depuis lors d'orner l'espace public. Au milieu du XIXe siècle, le préfet Haussmann tranche dans le vif en ouvrant les voies qui ont pour nom Rivoli, Sébastopol et Victoria. Pour mettre la tour en valeur, un décret du Conseil d'Etat autorise la création d'un «square d'isolement de l'édifice».

 

La réputation scientifique et profane du clocher remonte au moions au XVIIe siècle : Blaise Pascal expose dans ses écrits les expériences de physique relatives à la pesanteur de l'air et au vide qu'il fit en haut et en bas du clocher de Saint-Jacques, ce qui explique la présence de sa statue sous la voût du rez-de-chaussée de la tour.

La tour renoue avec la science en 1891, avec l'installation à son sommet d'une station météorologique (maintenant fermée).

Pendant plus d'un siècle, un scientifique a gravi quotidiennement les quelques 300 marches de son escalier à vis pour effectuer des relevés.

 

Les sculptures de la tour

 

La tour Saint-Jacques comporte quatre niveaux, couronnés par une terrasse.

Le gothique flamboyant n'était pas avare d'ornements et l'ancien clocher regorge, jusqu'au sommet de la tourelle de l'escalier, d'un exubérant travail de taille de pierre et de sculpture, ainsi que de gargouilles et grotesques.

A l'origine, son sommet était orné de cinq statues : un saint Jacques de 3,50 m de haut et, disposés aux quatre angles, les symboles des évangélistes ou Tétramorphe, sculptés par Rault vers 1522, le lion de saint Marc, le bœuf de sait Luc, l'aigle de saint Jean et l'homme – ici un ange – pour saint Mathieu.

 

A la Révolution, la statue de Jacques le Majeur et l'ange du Tétramorphe ont été détruits. Toutes les statues que nous voyons aujourd'hui sont des créations et copies du XIXe ou du XXe siècle.

La statue en marbre de Blaise Pascal, sculptée par Pierre-Jules Cavelier, a été placée entre les piliers du premier niveau en 1856." 

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