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L'église et son passé
Texte réalisé d'après les archives communales, les archives départementales de la Drôme, la notice sur Beaumont-lès-Valence de l'Abbé Vincent, les notes de l'Abbé Rocher.
Une plaquette est réalisée et diffusée par les Amis du Vieux Beaumont
Edition N5 -Septembre 2002.
"L'église est classée monument historique depuis septembre 1914. M. Massonet maire en 1857 avait déjà émis le même vœu à l'assemblée communale de cette époque qui contesta l'opportunité de cette proposition craignait « de déposséder la commune du vieux monument témoin des misères et des luttes de leurs ancêtres ». Au travers des temps elle a subi bien des mutilations, des transformations et a été souvent laissée à l'abandon. En abritant à la fois les catholiques et les protestants sous le même toit, le bâtiment église-temple reste à ce jour un monument remarquable dans notre région. En effet un mur fut construit à l'intérieur afin de séparer la nef et le chœur, la partie du chœur restant à l'église, la nef devenant le temple. Un autre exemple connu à ce jour : celui de Sainte Croix dans le Drôme (près de Die) mais celui-ci n'est plus fréquenté par les fidèles.
Son histoire est à l'origine du village de Beaumont, aujourd'hui Beaumont-lès-Valence mais autrefois appelé « Villa Bellimontis » '1226) « Castrum Bellimontis » à partir de 1397, « Belli Monte » vers 1450, « Beaulmont » puis Beaumont en Valentinoys » vers 1550. Tout le passé historique tourne autour de cette église qui est le principal monument de Beaumont et son histoire ne commence vraiment qu'avec la venue des moins Bénédictins de l'abbaye de la Chais Dieu au XIème siècle. A ce moment là un prieur, un sacristain et quelques religieux furent appelés à Beaumont. Les famille se rassemblent autour du prieuré et se mettent à construire une petite église. La date de construction est très difficile à définir mais elle a eu lieu vraisemblablement vers 1080.
On rapporte que cette toute première église serait située dans une crypte sous le clocher mais aucune trace n'a pu être vérifiée. Le Prieuré invisible aujourd'hui, était sur le côté nord. Le Cloître s'étendant peu à peu, la construction de l'église actuelle eut lieu de 1150 à 1250.
Les terres du prieuré s'accroissent et au cours des ans la communauté religieuse de Beaumont étend sa juridiction sur le prieuré de Saint Pierre et de Saint Robert de Peyrus et sur l'église Saint Martin de Montéléger.
Au travers des temps l'église a été bien maltraitée. La principale cause fut les guerres de religions, mais à l'inverse d'autres régions, ce sont les protestants qui dominaient Beaumont et harcelaient le peu de catholiques qui se trouvaient sur la commune à ce moment là. Elle fut mise à sac et pillée 3 années de suite en 1559, 1560 et 1561. Le 25 avril 1562, le Baron des Adrets et ses troupes ravagent à nouveau l'église et lui donne le coup de grâce. Ils entassent des fagots au milieu de l'église et y mettent le feu. Les voûtes et les piliers tombent. Il n'y a que les principaux murs et la voûte du chœur qui restent debout. On peut voir encore aujourd'hui des traces de cet incendie avec quelques pierres brunies. Des traces ont été retrouvées sur 2 cm d'épaisseur lors des fouilles effectuées par les « Amis du Vieux Beaumont » à peu près à 50 cm de profondeur.
Cette année là, il convertit une maison en temple située « au levant du village, à l'extrémité de la grande rue » sur la place appelée actuellement « place de l'ancien temple ». Il se situait en haut et sur la gauche de la place.
Pendant ces temps là la totalité du village étant de la 'Religion Prétendue Réformée » (RPR) l'église est à l'abandon et reste pendant 36 ans sans toiture.
Le 13 avril 1598, Henri IV signe l'Edit de Nantes, édit de pacification entre catholiques et protestants. Cette année là a lieu une première restauration sommaire de la toiture. En 1603 c'est la restauration du clocher.
La toiture posée en 1598 s'effondre à nouveau en 1665 et la désolation s'installe encore une fois pendant 66 ans. En 1731, Alexandre Milon de Mesme, évêque de Valence et seigneur de Beaumont, lors d'une visite pastorale ordonne sa reconstruction.
L'église se trouve dans un état très proche de la ruine. Les pierres et les débris jonchent le sol. Seul trois piliers vers le chœur sont encore debout et intacts. Le mur nord est entièrement relevé, le mur sud repris à partir d'une hauteur de 2 mètre. On se sert des pierres qui se trouvent déjà au sol ainsi que des pierres de tailles de « La Vacheé, ancien nom de la commune de Beauvallon. Un lambris est posé sur la moitié Ouest qui n'a plus de voûtes. On relève un pilier et une partie des voûtes dans la moitié Est. Plus tard on utilise cette différence d'architecture pour la séparation. Cette restauration, très important a lieu en 1748 et elle donne à l'église son aspect actuel.
Les catholiques jouissent de l'église entière jusqu'en 1792. Le curé se nomme Ollivier d'Allex et il a un prêtre sacristain sous ses ordres. Le curé Chaix d'Etoile a le titre de prieur et les revenus de prieur s'élève à 2000 livres. Depuis 1563 les Bénédictins n'ont plus reparus à Beaumont.
L'Edit de tolérance de novembre 1787 ayant annulé les conséquences de la révocation de l'2dit de Nantes, les deux communautés religieuses revendiquent l'église pour l'exercice de leur cults dès 1789, les protestants n'ayant plus de temple depuis 1686.
En février 1790 a lieu à Beaumont l'élection du premier maire, Jean Abraham Chiron est élu maire, il est aussi pasteur, le premier officier municipal est Antoine Ollivier, curé de la paroisse ... un œcuménisme d'avant garde.
En 1792, le directoire de la Drôme accepte le partage à des heures différentes. En 1793, l'église devient temple de la raison au moment où Robespierre interdit les cultes. Elle sert de maison commune, c'est à dire de mairie jusqu'en 1802 où elle retrouve sa vocation première avec le rétablissement des cultes.
En 1894 une nouvelle demande de partage est faite. L'autorisation est donnée le 5 août 1805 par décret du préfet en date du 17 thermidor an XIII.
L'église est sous le vocable de « Notre Dame de Romezier » jusqu'en 1792. En 1806 une visite de l'église par Jean Joseph Ollagnier vicaire général de Monseigneur l'évêque de Valence nous apprend que l'église est sou le vocable de « Notre Dame des Sept douleurs ».
Le mur de séparation est édifié au printemps 1806.
La construction des tribunes côté temple a lieu en 1847, le temple n'étant pas assez grand pour accueillir tous les fidèles.
Les escaliers extérieurs au clocher furent construits en 1850 et un glacis est posé cette année, côté catholique et condamne l'accès aux cryptes.
Les caveaux édifiés dans le sous-sol sont positionnés : un au pied de l'autel de l'abside méridionale, un au milieu de la grande nef en avant du sanctuaire et plusieurs autres dans le rest de l'église. Ce sont dans ces caveaux que sont ensevelis les prêtres et religieux ainsi que les personnages importants de la commune et pendant 13 ans (de 1720 à 1733), tous les défunts catholiques de la paroisse. C'est un de ces caveaux funéraires dont l'entrée est découverte lors des travaux de réfection du carrelage du temple.
Cette crypte doit faire partie des « plusieurs autres » évoquées dans les notes de l'Abbé Rocher. On peut supposer qu'il en reste encore à découvrir.
Bien que classée monument historique depuis de nombreuses années les travaux de restauration ne commencent qu'à partir de 1973 avec une première réfection du toit du clocher et la construction d'une terrasse à la place de la toiture.
En 1978 la démolition de la maison attenante à l'église redonne au monument un meilleur aspect.
L'année 1992 a vu s'achever les dernières restaurations tant du côté église que du côté temple avec l'aide des bâtiments de France.