Dans le vent, au soleil, par le froid, sous l'averse,
Il suivait un parcours pour donner les avis
Rédigés par le Maire, aux gens sur le parvis :
Décès, coupure d'eau, nouvelle, loi diverse ...
Muni du parchemin, du tambour, du bâton,
En différents endroits : carrefour, toute place,
Il battait le rappel, venait la populace
Qui se tenait debout pour le qu'en dira-t-on.
D'une voix théâtrale il haranguait la foule,
Clamait les faire-part entre les roulements.
Le garde allait plus loin selon les réglements,
Bravant avec courage et le gel et la houle.
Celui que j'ai connu, du fond du coeur pourtant,
Pleurait toujours la mort de sa première épouse.
Depuis il a rejointe et dort sous la pelouse,
Comme ce vieux métier oublié tout autant.
Après un demi-siècle il faut chercher l'annonce,
S'être instruit à l'école, avoir des capitaux
Pour surfer sur le "net", lire les écritaux.
Adieu, crieur public, au passé, je renonce.
Paule N.L. 2000