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Conteur 1 : - Le corps forme un tout, et pourtant, il a plusieurs parties.
Conteur 2 : - Malgré leur nombre, toutes les parties du corps...
Conteur 1 : - ...ne forment qu'un seul corps.
Conteur 2 : - Pour le Christ, c'est la même chose. Nous tous, gens de toutes les origines, nous avons reçu le baptême dans un seul Esprit Saint, pour former un seul corps. Nous avons tous bu à la source de cet unique Esprit.
Conteur 1 : - Vous, vous êtes le corps du Christ, chacun à sa place ; chacun a sa fonction, tous sont utiles.
Conteur 2 : - Prenons une comparaison : le corps est constitué de membres différents : le pied... l'oreille... la main... le nez... l'œil... le cerveau... la bouche..., etc…
(A l'appel de chaque membre, les participants portant leur masque viennent se placer en ordre.)
Conteur 1 : - Imaginons une chose impossible : que les membres du corps ne soient plus solidaires, qu'ils se jalousent, se méprisent les uns les autres ou quittent leur fonction...
Le pied : - J'aimerais être une main... J'aimerais avoir cinq doigts très agiles et pouvoir attraper, caresser, tricoter ou peindre. Et puis, j'aimerais écrire... des choses très importantes... Mais moi, je ne suis qu'un pied raide et malhabile... Alors je préfère m'en aller.
(Il va sur le côté.)
L'oreille : - Comme j'aimerais être un œil... Bien luisant, avec de la couleur... Je serais très important : je verrais tout avant tout le monde ! Mais je ne suis qu'une simple oreille sans iris ni pupille. Ça me désespère... Je préfère m'en aller.
(Elle va sur le côté.)
Le nez : - Comme j'aimerais être une bouche... Si j'étais une bouche, je dirais des choses extraordinaires : toutes les oreilles m'écouteraient. Mais aujourd'hui, nous vivons dans un monde où les oreilles, deux fois plus nombreuses que nous, nous méprisent, nous, les nez : c'est un scandale ! Je préfère m'en aller.
(Il va sur le côté.)
L'œil (en colère contre la main) : - Tu ne fais que des catastrophes : tu es maladroite. C'est toujours toi qui casses tout ; j'en ai assez, va-t-en !
La main : - Si tu regardais un peu ce que je fais, je ferais peut-être moins de bêtises !
(La main part en colère. L'œil va au pupitre pour lire la Bible qui est déjà ouverte.)
L'œil : Je suis énervé... Tiens, je lirais bien une histoire pour me calmer...
(Il arrive au bas de la page de droite.)
C'est passionnant ! J'aimerais connaître la fin... Mais elle est racontée au dos de la page... Comment faire ?
La main (qui observait en jubilant à l'avance) : Tu vois, sans moi, tu es condamné à recommencer éternellement la même histoire. Dans la vie, c'est important de pouvoir tourner la page, tu sais, et moi, si tu me fais confiance, je peux t'aider.
Le cerveau (méprisant et grandiloquent, à tous) : - Vous ne comprenez rien, vous êtes tous de pauvres idiots. Des esclaves, voilà ce que vous êtes ! D'ailleurs, vous ne savez qu'obéir à mes ordres. Sans moi, vous êtes des incapables. Allez-y pour voir, essayez de bouger sans que je vous en donne l'ordre.
(Ils essayent tous de bouger, mais ils restent sur place).
- Je suis in-dis-pen-sa-ble, je suis le chef suprême, autonome, auto-suffisant... D'ailleurs, je vous donne l'autorisation de partir.
(Ils descendent tous, sauf le cerveau, traversent le public et s'en vont tristement au fond de la salle. Le cerveau, face au public, dit :)
Bien, passons aux choses sérieuses. Ce qui compte, c'est de bien réfléchir. Tout projet, s'il n'est pas mûri en profondeur, est voué à l'échec. C'est moi qui conçois, imagine, organise... Bref, je suis L'IDEE GENIALE.
(Du fond de la salle une voix dit :)
- Fini le blablabla ? On aimerait bien te voir en action, ô idée géniale !
Le cerveau : - On me provoque ? Eh bien, vous allez voir à qui vous avez à faire !
(Il lève le bras comme pour passer à l'attaque et crie :)
En avant !
(Il ne bouge pas d'un pouce. Il essaye de décoller ses pieds du sol, rien à faire.)
Au secours ! Au secours ! Et mes membres qui ne sont plus là ! Au secours ! Au secours !
Conteur 1 : - C'est pas un peu fini tout ça ? Vous ne vous trouvez pas ridicules ? Puisque vous êtes tous utiles...
Conteur 2 : - …tous indispensables les uns aux autres, pourquoi vous disputer ?
Le pied : - C'est vrai... Pourquoi nous disputer ?
L'oreille : - C'est vrai. Mon cher nez, c'est tout de même toi qui donnes l'alerte quand ça sent le brûlé. C'est grâce à toi que les parfums nous arrivent !
Le nez (en reniflant) : - Ça, c'est sûr !
L'œil : - D'ailleurs, il faut bien l'avouer, si, dans le corps, il n'y avait que des yeux, comment ferait-on pour entendre la poésie, les mélodies, l'harmonie ?
La main : - Finalement, on est fait pour vivre ensemble...
Le cerveau : - C'est plus raisonnable.
(Les membres se rassemblent sur scène pour former de nouveau le corps.)
Le pied : - On est bien ensemble...
L'oreille : - Oh oui !
Le nez (en reniflant) : - Oh oui !
L'œil : - Je suis ému...
La main : - Attends, j'essuie ta larme.
Le cerveau : - Si on chantait ?
La bouche :
- D'accord, chantons ensemble...
EPILOGUE
Conteur 1 : - Oui, Dieu a placé chaque partie du corps comme il l'a voulu.
Si tous n'étaient qu'un seul membre, où serait le corps ?
Conteur 2 : - Il y a donc plusieurs parties, mais un seul corps.
Conteur 1 : - Eh oui, sans le pied ou la main, le cerveau est condamné à n'avoir que des rêves ! Sans ceux qui obéissent, rien ne peut exister.
Conteur 2 : - Le corps ne peut pas être divisé. Au contraire, toutes les parties prennent soin les unes des autres. Si une partie souffre, toutes les autres parties souffrent avec elle. Si une partie est à l'honneur, toutes les autres partagent sa joie.
Conteur 1 : - Vous, vous êtes le corps du Christ, et chacun de vous est une partie de ce corps.